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  • Prunenec spiritueux

    Ils arrivent titubant avec un bar à roulettes bien garni. Pantalon noir, chemise blanche et noeud papillon, l’ambiance est servie sur un plateau burlesque. On se croirait dans un vieux palace en basse saison, jauni et démodé. Ils brassent de l’air avec leurs bras, ce qui fait tourbillonner leur corps éthéré sous l’effet des bourrasques. Lorsque l’un s’essaye à un mouvement, l’autre prépare les cocktails, avalés cul-sec ou posés à même le sol rendant la scène périlleuse. Il s’agit d’une forme (...)

  • Thomas Lebrun sur la voie lactée

    Les jonctions sont aiguës, les pliés sur demi-pointes, en quatrièmes asymétriques ou en premières zigzagantes, les bustes sont désaxés, les cous brisés, les lignes discontinues et les directions éclatées. "La constellation consternée" regroupe cinq pièces courtes dans lesquelles Thomas Lebrun "explore différentes représentations d’étoiles et les divers sentiments qu’elle peuvent provoquer : injustice, fierté, abandon, rébellion, gloire, espoir, croyance, …" Dans le vide laiteux du sol du CND, serti d’un (...)

  • Saporta fait mauvais genre

    Sur le parvis glacial de la BNF, le Dansoir, chapiteau de bois capitonné de velours, est déjà un anachronisme. Ici la compagnie Karine Saporta a recréé "La Maison chéri-chérie", présentée comme un clin d’oeil aguicheur à l’univers des spectacles érotiques du début du XXe siècle. Si le titre sirupeux de la pièce évoque un érotisme "câlin et sensuel", de ceux qui "faisaient se pâmer le tout Paris assoiffé de plaisir", c’est avec le calvaire sanguinolent du Christ crucifié que la pièce démarre : le Stabat mater (...)

  • Côte Ouest - Californie

    Energies masculines

    ID Fest 6e édition

    Pour la sixième fois, l’IDFest (Improv Dance Festival) à Los Angeles croise différentes formes d’improvisation dansée, sur le thème cette année de l’énergie masculine. Avec des artistes en majorité masculins, le festival passe du tango à la danse contact, en passant par l’improvisation musicale et par ce que les Anglo-saxons, avec la justesse qui les caractérise, appellent silliness (faire le clown). Pendant une semaine, se succèdent les stages animés par les artistes invités, parmi lesquels on compte (...)

  • Felix Ruckert, vers un art de l’extrême présence

    Dans le cadre de Faits d’hiver, danse d’auteurs, Felix Ruckert – accompagné de Lara Martelli – invite le public à une conférence-performance remplie jusqu’au débord d’une intelligence précise et drôle. Le chorégraphe berlinois s’expose en dévoilant ce qui sous-tend ses différents projets. Leur point de départ pourrait être la difficulté à lire les émotions et plus encore à les créer. La joie et la peine se marquent indifféremment par les larmes ; ce qui provoque la colère peut tout autant embarrasser, dégoûter (...)

  • Théâtre de la Cité Internationale

    Du temps pour la mémoire, "Memory" de Wen Hui

    Sous une moustiquaire de coton, à la lueur d’une faible ampoule, Wen Hui courbée à sa machine à coudre mécanique, fait ronronner l’aiguille méticuleuse sur des feuilles de papier blanc. La main pousse doucement les pages et l’histoire se dessine en pointillé sur chacune d’elles, alors que les moustiquaires projettent des documents sur la période de la révolution culturelle en Chine. Une enfance et une adolescence passées dans l’admiration du guide suprême, rythmées par les animations presque (...)

  • ! Kung Solo en appelle à l’œil du pirate

    Mains d’œuvres participe à Fait d’hiver, danses d’auteurs par le biais d’un solo crée par Éléonore Didier. La danseuse se fait chorégraphe. Elle détache la matière de ses recherches de leur contexte intime, de leur corps d’émergence afin de la transmettre à Mathilde Lapostolle. Quelques bandes vert prairies collées au sol blanc, quelques pièces d’habillement jaune vif, un pied et son appareil photo posés sur la tranche, quelques pellicules, des cartons. Certains sont déployés, d’autres pliés et proprement (...)

  • Auto, une boîte à illusions magistralement bricolées

    Aller à la rencontre d’une nouvelle pièce de David Wampach, c’est accepter l’expérience de l’instabilité. En présence de Auto, objet chorégraphique pas tout à fait identifié, les perceptions sont légèrement modifiées. David Wampach et Aurélien Richard montent lentement un échafaudage bringuebalant dans lequel s’entrelacent révélation et leurre, direct et différé, présence et illusion. Présentée lors de sa création comme une réflexion sur les mises en tension qui parcourent le rapport entre musique et danse « trop (...)

  • Théâtre de la Cité internationale

    "Press" : manifeste inabouti contre l’oppression du corps et de l’esprit

    Inspirée de textes d’Etgar Keret [1], la création londonienne de Pierre Rigal, met en scène un employé de bureau haut de gamme enchaîné aux automatismes de ses mouvements et lentement écrasé par la diminution de son espace vital. Simplification épurée d’un théâtre à l’italienne, une boîte ouverte occupe le centre du plateau. Seul en piste, Pierre Rigal, entre en complicité avec une chaise pliante et une curieuse lampe d’architecte, acoquinée à une caméra de surveillance. Menacé par un dispositif mécanique (...)
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  • Centre Pompidou

    La Ribot invente la caméra à tête donneuse

    Sous l’égide du Festival d’automne, la chorégraphe madrilène, La Ribot, a présenté à Beaubourg une pièce intitulée Llamame mariachi. Le titre, qui signifie « appelle-moi mariachi », évoque tout à la fois le genre musical mexicain et la formation musicale qui le produit. Ces airs mêlés de tradition espagnole et indienne, parfois associés aux activités révolutionnaires, parfois aux mariages populaires ne nous éclairent pas vraiment sur le propos de cette pièce. Les deux parties jouent sur une distance plus ou (...)


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