Théâtre national de Chaillot
samedi 28 mars 2009,
par
En s’appuyant sur la pensée scientifique des connexions du cerveau avec la danse, Wayne McGregor signe une pièce d’une étrange artificialité. Les corps des danseurs sont des outils au service de la complexité chorégraphique. Est mis en avant le corps athlétique, tout en muscles, du danseur en culotte et débardeur. Les décors sont simples : trois écrans vidéo encadrent le tapis de sol sur lequel les danseurs évoluent. Ce sont des corps exhibés, des mouvements effectués en impact qui font le spectacle. Ce qui est visible, ce sont les prouesses techniques qui se succèdent avec rapidité et énergie. Sous haute tension.
La composition est tournée vers la démonstration d’une technique : le classique dégénéré, déconstruit. L’attention se resserre sur l’unité des corps et non sur leurs interactions. Chaque danseur réalise une performance physique. Le classique apporte un axe, une posture verticale, mais sans cesse le désaxement suit. Le buste ondule, les bras et les jambes projettent. Les cous sont étirés, les mains flexes. Les danseurs ne semblent plus maîtres de leur propre corps. Les mouvements sont réflexes, mécaniques portés par la double composition au rythme soutenu et entêtant de Jon Hopkins et Joby Talbot.
Chorégraphe des articulations, Wayne McGregor fait une belle démonstration de style, mais qui reste démonstrative.