Centre Pompidou
samedi 14 mars 2009,
par
De l’air. De l’eau. Des micros. Il n’y a pas de décors, seulement quelques accessoires : ballons, bouteilles d’eau et quatre clepsydres transparents. Cliquetis, égouttements, battements de cœur, micro-bruits. Les corps et les actions des danseurs sont mis à nu dans ce grand espace noir de la scène. Incorporer ce qui reste ici au cœur… #4 est minimaliste. La pièce est une addition de quatre solos, créés successivement et dont les deux premiers datent de 2004 et 2006. Ce sont des solos dits accompagnés car le danseur n’est jamais seul sur le plateau et danse toujours sous le regard d’un ou de plusieurs autres.
Tout est question de remplir-vider, gonfler-dégonfler, imprimer-exprimer. Les événements sont répétitifs et discrets et le travail du danseur tourne autour de l’objet. Travail de corps à corps avec le ballon, jeu de l’empreinte laissée au sol, de l’enveloppant-enveloppé avec le tapis de sol. Est à l’œuvre l’impact de l’objet sur le corps. Pendant tout le solo d’Olga de Soto, Edith Christoph reste cloîtrée sous un angle du tapis. À sa sortie, son corps déploie une grande expressivité : crise de fou rire, humeur labile, et développe une plus grande mobilité dans les mouvements. Au recouvrement, à l’intériorisation répond l’extériorisation. Ce solo #3, à l’origine intitulé Ici au cœur, rompt la dynamique dilatée, suspendue, instaurée jusque-là.
L’espace scénique est au fur et à mesure de plus en plus chargé. Il est le témoin des solos accumulés. Témoin des traces de ce qui a été. Les quatre danseurs sont tous présents, les éclairages s’affolent. Tout blanc, tout noir, côté cour, côté jardin. Les sons sont de plus en plus forts. Au contraire, le mouvement est minimal. Seule une danseuse debout, visage impassible, effectue quelques lents mouvements de bras.
De l’intérieur à l’extérieur, du creux au rond. Olga de Soto exploite les complémentarités.
Incorporer ce qui reste ici au cœur… #4, de et avec Olga de Soto. CCN de Belfort, 3, av. de l’Espérance - 90000 Belfort. Les 20 et 21 mars. 19h30. Tél. : 03 84 58 44 88. De 5,50€ à 20€.