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Ile-de-France

Festival Hors saison 2010, les rendez-vous danse d’Arcadi

Du 12 au 18 février 2010


Pour cette nouvelle édition de Hors Saison, le rendez-vous danse d’Arcadi, propose un parcours chorégraphique à plusieurs dimensions.

Dimension artistique en premier lieu bien sûr, un cheminement au cœur de l’univers de seize chorégraphes, au cœur de leurs préoccupations, de leurs obsessions, de la manière dont ils souhaitent nous faire appréhender le corps, et son développement social et politique.

Ces artistes déclinent leur travail dans des directions plurielles : un développement théâtral pour Michel Schweizer, Hamid Ben Mahi, Carlotta Sagna, un axe plutôt introspectif pour Julie Nioche, Radhouane el Meddeb, Gaël Sesboüé, ou autour d’une forme de dérision pour Tommy Noonan, Ivana Müller, Martine Pisani et Martin Nachbar. Quant à Emmanuel Eggermont, Karine Ponties et Hèlène Iratchet, ils explorent la figure du personnage et on retrouve dans l’approche de Daniel Larrieu, Hervé Robbe et Raphaëlle Delaunay une attention particulière au geste dansé et composé.

Une pluralité de recherches qui, sans vouloir les catégoriser, témoignent à la fois de la vitalité et des inquiétudes de cet art.

Une dimension territoriale aussi, francilienne, puisqu’en sept jours vous pourrez vous rendre dans les quatre théâtres coréalisateurs de la manifestation : le Théâtre de la Cité internationale à Paris ; La Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée ; le Théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse et le Centre des bords de Marne au Perreux-sur-Marne.

Programme

Gaël Sesboüe
COMPAGNIE LOLA GATT

AN SELM
Solo / Création 2009 / 25 minutes

Il est sans doute difficile d’imaginer la mémoire corporelle d’un danseur. Comment ces multiples et incessantes sollicitations s’impriment, se déposent, s’effilochent peut-être avec le temps ?
Comment chaque geste trouve sa place en l’interprète, comment chaque intention étrangère, celle du chorégraphe, s’accroche et finit par être intégrée ou simplement tolérée ? Le corps d’un danseur est une bibliothèque dont la consultation est rare et donc précieuse. Gaël Sesboüé retranscrit dans ce court solo une étape profonde qui dépasse les styles et les formes. Il interroge finalement le fait même d’apprendre, c’est-à-dire de se souvenir. Autrement dit, il restitue de manière condensée, intense, une mémoire, une matière mémoire, impressionnée par les danses qui l’ont traversé. Là, les chorégraphies s’estompent, les compositions s’éloignent, les anecdotes aussi, demeure l’alchimie de l’impact qui dure, de l’incroyable plasticité du cerveau et du corps, de l’étincelante rencontre où l’intime devient moteur de l’acceptation en liaison avec des mémoires souterraines, archaïques. An selm est le laboratoire d’une soif de lucidité et de clarté. Un lieu où l’on dit tout, au-delà de la personne.

Le vendredi 12 février 2010 à 20h30
Théâtre de Vanves, scène conventionnée
pour la danse, salle Panopée


Martin Nachbar et Martine Pisani
ONE SHARED OBJECT PROFIT AND LOSS
Pièce pour six interprètes / Création 2009 / 50 minutes

Martine Pisani et Martin Nachbar, en dehors de leur proches prénoms, ont partagé plusieurs rencontres, se sont perdus de vue, retrouvés, c’est le tourbillon de la vie… De ces chasséscroisés est née la volonté de travailler ensemble, de mettre au cœur d’une expérience des pressentiments, des terrains communs espérés, des passerelles esthétiques constructibles. Les règles du jeu établies, en respectant la singularité de chacun, ouvraient en fait le champ de la cohabitation, de la résonance plutôt que du mélange ou de la synthèse. Ainsi, la pièce se déroule sans territoires revendiqués, dans une fluidité aisée. Une construction plastique tel un arrièrepays, modifie le paysage, l’horizon des danseurs et finira par occuper la totalité de l’espace. Les corps semblent suivre leurs propres parcours même si des moments de regroupements rythment la chorégraphie. Le soupçon d’un drame du quotidien plane, tant une suspecte incohérence des gestes semble régner. Pourtant, mystérieusement, une orchestration se dégage, tire Profit and loss vers un déploiement presque symphonique où l’individualité se résout dans une communauté de projet. Ainsi l’inquiétante étrangeté des débuts débouche, pas à pas, dans une douce atmosphère distendue, ronde et goûteuse.

Le vendredi 12 février 2010
à la suite du spectacle de Gaël Sesboüé
Théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse


Sarah Crépin
LA BAZOOKA (SARAH CRÉPIN ET ETIENNE CUPPENS)

MONSTRES
Pièce pour trois interprètes / Création 2008 / 30 minutes
Spectacle jeune public entre 4 et 7 ans

MonStreS, un spectacle qui fait peur ? Un O.V.N.I. chorégraphique, un bizarre truc pour les enfants ?
Ou bien, et c’est le cas, une scénographie originale qui permet au merveilleux de s’installer, de multiplier l’image et les mouvements des danseurs à l’infini. Car le spectateur dans cette ronde boite à images est plongé au cœur du dispositif qui lui fait perdre ses références spatiales et lui autorise ainsi le voyage onirique. D’étranges personnages à bandelettes parcourent ces contrées, dansent à l’unisson avec leurs collègues et avec leurs reflets dans des multiplications exponentielles dignes de Busby Berkeley, labyrinthe visuel, cheminement piqué de sensations fortes et de découverte de soi. Ces monstres sont de la catégorie gentil, même s’ils assument une part de l’imaginaire d’aujourd’hui mais se révèlent en réalité comme des compagnons intérieurs, ces amis un peu louches à qui l’on peut tout dire et dont la voix accompagne l’enfance. Enfin, pour parachever la construction fantasmagorique, la musique de Steve Reich à coup de répétitions et reprises instaure une pulsation unique, une vibration riche qui donne définitivement un relief au spectacle, un piment, une perspective sensible.

Le 13 février 2010 à 15h et 17h15
et le 14 février 2010 à 14h30 et 16h45
La Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée
Spectacle à Torcy, rendez-vous à 14h30 le 13 février et à 14h le 14 février pour la navette Attention, une expérience à vivre sans ses chaussures !


Carlotta SAGNA
COMPAGNIE CATERINA & CARLOTTA SAGNA

C’EST MÊME PAS VRAI
Solo / Création 2010 / 30 minutes

Carlotta et Caterina, les deux soeurs Sagna, ont chacune leur style propre. Néanmoins, force est d’observer quelques affinités : la transgression des frontières entre les disciplines (danse, texte, théâtre, performance, musique…), la création d’univers qui semblent découler tout naturellement d’une puissante nécessité de dire et, par conséquent, une écriture ciselée au service d’un propos, souvent piquant.
Aujourd’hui réunies au sein d’une unique compagnie, c’est ici Carlotta Sagna qui signe à nouveau un solo pour Jone San Martin, y explorant l’étrange scission entre vérité et mensonge. « À force de se raconter et de raconter au monde des mensonges, elle a perdu la capacité de faire la différence entre la réalité et l’imaginaire, elle se promène dans ce labyrinthe de souvenirs réels et inventés sans pouvoir trouver la sortie. Comme cet acteur comique italien qui, dans les années soixante-dix, à imiter les autres, avait oublié quelle était sa vraie voix, le personnage change de chemin, se perd et se cherche continuellement. »

Le 13 février 2010 à 16h et le 14 février 2010 à 15h30
La Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée



Karine Ponties
DAME DE PIC / COMPAGNIE KARINE PONTIES

BABIL, HAVRAN ET FIDÈLE À L’ÉCLAIR
Soli / Création 2008-2009 / 1 heure

HUMUS VERTEBRA
Pièce pour trois interprètes / Création 2009
55 minutes

Karine Ponties voit en l’épouvantail une figure ancestrale, touchante et contradictoire, un solitaire soldat de l’effroi n’ayant jamais effrayé personne. Un être à l’abandon, reflet de la condition humaine, de sa précaire station debout, de sa paradoxale verticalité, impliquant le double mouvement de la chute et de l’élévation.
Cette métaphore, Karine Ponties l’a filée avec trois soli, qui visitent le corps avec des fantômes différents, donc des postures et métamorphoses diverses : identité trouée avec Babil ; être en perpétuel changement, mimant l’animal qu’il est censé faire fuir avec Havran ; enfin, corps du croque-mitaine dans Fidèle à l’éclair.
Humus Vertebra réunit les trois interprètes porteurs de ces figures ; l’épouvantail hante ainsi la pièce, mais de manière plus secrète, sous-jacente. On retrouve dans ce trio tous les ingrédients qui font le goût original des œuvres de la chorégraphe belge : une atmosphère fabuleuse, une tendresse comique étrangement teintée de la profondeur du doute, des sculptures d’hommes, de l’équilibrisme, de la manipulation d’objets et des dessins animés projetés sur le plateau (signés ici par Stefano Ricci), le tout savamment entrelacé. L’interprétation, rugueuse et organique, de son travail sur ce qu’on pourrait nommer la « bancalité », contribue à cette gracile poésie de l’instant qui caractérise les pièces de la chorégraphe.

BABIL, HAVRAN ET FIDÈLE À L’ÉCLAIR
Le 13 février 2010 à 17h et le 14 février 2010 à 15h30
La Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée

HUMUS VERTEBRA
Le 17 février 2010 à 20h30
Le Centre des Bords de Marne, Le Perreux-sur-Marne


Julie Nioche
A.I.M.E. (ASSOCIATION D’INDIVIDUS EN MOUVEMENTS ENGAGÉS)

NOS SOLITUDES
Solo / Création 2010 / 50 minutes

L’intention de Julie Nioche est de créer pour le spectateur une « suspension du réel, de ses peines, de ses maux et attaches ». Elle désire capter puis détourner ce qui le cloue à son siège par un voyage profond, inédit. Nos solitudes désire incarner cette façon d’être à plusieurs dans une seule et même personne, faire toucher du doigt cet écho intérieur se diffractant, se concentrant ou se déployant selon les personnalités, les époques de la vie ou les circonstances.
La chorégraphe interprète de ce cheminement instaure également une suspension physique qui autorise ce décollement, qui offre la possibilité, la permission, de déjouer la pesanteur du monde et du corps. Julie Nioche associe à cette démarche une pratique et une réflexion sur les relations entre art et médecine, en Occident et en Inde. Manière d’installer une refonte de nombreux présupposés sur le mouvement lui-même qui peut guérir, ouvrir de nouveaux espaces, habiter différemment le temps.

Le 13 février 2010 à 18h30 et le 14 février 2010 à 19h
Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée


Daniel Larrieu
COMPAGNIE ASTRAKAN

LUX
Pièce pour neuf interprètes / Création 2010 / 1h05

Chorégraphe connu pour son art du décalage de la perception de l’espace et /ou du temps (pour mémoire, l’une des pièces majeures de son répertoire, Waterproof, se danse en piscine de bout en bout), Daniel Larrieu invite ici à un déplacement, un ajustement du regard. Le but n’est pas de voir plus loin, mais de mieux voir.
Fruits d’un patient recollement d’images et de rencontres de différents paysages, urbains, maritimes, périurbains, champêtres, la partition pour neuf interprètes ainsi que la composition sonore suggèrent une expérience paysagère dansée, singulière traversée spatio-temporelle d’un jardin de gestes.
Le lux, unité de mesure de l’éclairement, caractérise le flux uniformément réparti reçu par une surface (un lumen par mètre carré). Daniel Larrieu, le temps d’une pièce, se propose de réguler ce flux et d’orienter le sens de notre regard, pour lui redonner du sens. Il est des artistes auxquels on fait confiance les yeux ouverts…

Le 13 février 2010 à 21h15 et le 14 février 2010 à 17h45
Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée


Radhouane El Meddeb
LA COMPAGNIE DE SOI

QUELQU’UN VA DANSER…
Solo / Création 2008 / 1 heure

C’est sans doute la simplicité de la mise en scène qui jaillit, une sorte d’évidence de l’espace habité d’une chaise et d’ambiances colorées franches, entêtantes. Le corps qui s’y déploie évoque, invite, espère la venue de la danse. La musique joue aussi un rôle déterminant, plus qu’un support, elle devient un autre lieu où les mouvements vont pouvoir exister, être visibles, naître. Quelqu’un va danser est une prière profane, un souhait humain, un potentiel qui ne demande qu’à germer, fleurir. Radhouane El Meddeb puise dans son enfance, dans des émotions marquantes, pour exprimer ce désir, ce besoin de danse : cet appel puissant qui tire le corps, l’entraîne, l’enlève presque mais aussi obsède, dérange, singularise. Car ce solo est à nouveau une interrogation lancée à lui-même, une introspection un peu romancée, une douce confession. En fait, le chorégraphe, au travers de son exemple, entend la danse comme un monde des possibles, une ouverture essentielle qui touche au-delà des apparences, des manières, du savoir. Elle autorise.
Elle offre au corps et à celui qui l’habite la folle liberté qui permet de s’oublier. Et, peut-être, de se retrouver au coin de la sérénité et de la sagesse.

Le 13 février 2010 à 19h30
et le 14 février 2010 à 16h30
Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée



Ivana Müller
I’M’COMPANY

WHILE WE WERE HOLDING IT TOGETHER
Pièce pour cinq interprètes / Création 2008 / 1h06

Entre tableau vivant… et nature morte (dé)composée de chairs, Ivana Müller, artiste au parcours riche d’expériences, de sciences humaines à Zagreb en formations de danse à Amsterdam et d’arts plastiques à Berlin, ose, avec sa nouvelle pièce, une épure radicale de la mise en scène.
Dans cette performance anti-performative, c’est le texte qui fait sa performance, pétillant d’intelligence, et circule entre cinq personnages statiques.
Tour à tour, chacun d’eux « s’imagine »… arbre, mendiant, acteur ! Chacun se rêve une identité et avec quelle liberté ! Ivana Müller trouble tout : le mouvement n’est pas sur le plateau, mais dans la salle, où s’agitent les rires et les pensées. L’imagination déborde et, peu à peu, les voix s’infléchissent, ondulent, s’échangent, émeuvent. Derrière ce voile intrigant, faussement léger, émerge un propos éminemment social et politique, quant à la solitude de l’être, ou de l’étant.
Il y a même quelque chose de l’ordre du suicide collectif sur cette scène où tout le monde se met en danger, provoque par sa figure-statue. D’ailleurs, la scène finale est à double tranchant… L’air de rien, Ivana Müller réussit le tour de force de faire créer l’image de plateau par le spectateur.
Au sortir, chacun aura vu / « imaginé » son spectacle !

Le lundi 15 février 2010 à 19h30
Théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse, salle Panopée



Raphaëlle Delaunay
COMPAGNIE RAPHAËLLE DELAUNAY

BITTER SUGAR
Pièce pour cinq interprètes / Création 2010 / 50 minutes

Perte et retrouvailles, vide et (trop) plein, joie et amertume… Raphaëlle Delaunay choisit de prendre le pouls de ces thématiques bipolaires avec une danse tout aussi contrastée, entre jazz classé et actualité hip-hop, à la fois son contre-point et son prolongement. Et ça swingue ! Cinq femmes nourrissent le canevas de leurs différents styles de danse noire, hip-hopeuse funky à la James Brown, hip-hopeuse plus house au jeu de jambes d’une vélocité digne des claquettes des années folles, voluptueuse danseuse jazzy, très élégante ex-danseuse de chez Alvin Ailey et la chorégraphe elle-même. « Monsieur Armstrong, qu’est-ce que le swing ?
Madame, si vous avez besoin de le demander, vous ne saurez jamais. » Ce mystérieux appel à la découverte personnelle a invité Raphaëlle Delaunay à revoir ses classiques de la musique et des danses sociales de la communauté afro-américaines des années vingt et trente. Entre tubes de Harlem et douces plages de silence intervient le génial créateur de paysages sonores Pierre Boscheron, qui fouille et électrise quelques bons vieux standards du jazz, tandis que les danseuses conversent gestuellement telles des femmes qui ne parleraient pas la même langue mais se comprendraient parfaitement. Elles rythment l’espace comme s’il était du temps, le scandent, le claquettent, le foulent, le hoquettent.
La fantaisie de l’écriture des déplacements, la liberté dans celle des affaissements et des soubresauts, la vivacité du swing accentuée par l’immensité des ombres projetées font de la nouvelle pièce de Raphaëlle Delaunay un morceau de pure jubilation.

Le lundi 15 février 2010 à 21h
Théâtre de Vanves, scène conventionnée pour la danse


Emmanuel Eggermont
COMPAGNIE EMMANUEL EGGERMONT

1/8
Pièce chorégraphique pour danseur seul / Création 2007 / 50 minutes

En France, une personne sur huit vit seule, 1/8 ; ce constat qui donne le titre à la pièce d’Emmanuel Eggermont l’entraîne immanquablement dans une recherche toujours relancée de l’identité.
L’entreprise s’oriente dans une atmosphère teintée d’inquiétude, d’angoisse, de petits gestes qui dénotent de l’errance et de l’indécision. Kafka pointe son nez. Quelle motivation pousse un être à s’isoler, à choisir les stratégies un peu mortifères qui l’éloignent de ses congénères ? Le retrait, le repli sur soi ne sont pas le terreau propice à la spiritualité, au recueillement ou à l’épanouissement individuel. Le corps se rencogne, la vie aussi, dans cet espace étriqué où des oiseaux en papier tels des rêves enfuis s’empilent au sol. Pauvre coin de vie banal et chiche, étroit et sans ressort. L’alternance de moments dansés et de moments de manutention, c’est-à-dire de déplacements d’objets qui constituent le décor du solo, installe nettement le poids du quotidien et la nécessité d’être, malgré tout. Car l’anonymat, désiré ou subi, recèle un puits sans fond dont la danse s’empare violemment, nécessairement. Elle autorise l’apparition de ce qui ne se dit pas, même dans l’intimité des confidences.

Le mardi 16 février 2010 à 17h45
et le mercredi 17 février 2010 à 19h30
Théâtre de la Cité internationale



Michel Schweizer
LA COMA, CENTRE DE PROFIT

ÔQUEENS (A BODY LAB)
Pièce pour 5 interprètes et 3 bouledogues anglais / Création 2008 / 1h15

Un référent canin dans une distribution chorégraphique, voici qui est assez atypique… excepté chez Michel Schweizer, qui a fait du mélange des personnalités sur le plateau, d’experts, quel que soit leur champ d’investigation, l’une de ses marques de fabrique. Ceux qui ont vu Bleib retrouveront avec plaisir les étincelles de ce frottement des genres, notamment conférencier et dansé, et le rôle d’artiste de scène donné au chien avec, en prime, une caustique transcription imaginaire de ce qu’il pense de la race humaine.
ÔQueens porte un regard, ou plutôt des regards (y compris canin !), sur les rapports de domination entre hommes et femmes en mettant en scène trois femmes spécialistes de l’exhibition selon différentes formes : une danseuse classique, une strip-teaseuse, une culturiste.
Une forêt de microphones, de cagoules et d’accessoires érotiques invite notre imagination à une promenade dans cette atmosphère sulfureuse et insolite tandis que se précise et s’emplit une véritable approche de la femme, dans sa marchandisation d’abord, dans son altérité en général par la suite.

Le mardi 16 février 2010 à 19h
et le mardi 17 février 2010 à 21h
Théâtre de la Cité internationale


Hervé Robbe
CCN DU HAVRE HAUTE-NORMANDIE

NEXT DAYS
Pièce pour neuf interprètes / Création 2010 / 1h15 environ

Chroniques chorégraphiques en pleine forme. En forme de demain au pluriel, de « demain, peut-être », de lendemains pleins de possibles. Hervé Robbe pose subtilement la question des écritures chorégraphiques en devenir, en espérance de liberté, en latences à débusquer, de lendemains qui dansent, au sens propre comme au sens figuré.
Limpide et radical, le parti pris est loin d’être déplaisant : pourquoi la danse aurait-elle besoin d’une « raison valable » pour exister ? Avec neuf interprètes, Next Days s’affirme sans narrationprétexte, ni même authentique propos à défendre, sinon, précisément, l’autosuffisance, ou pour être précis, la nécessité de la danse…
« Il y a encore pour moi une impérieuse nécessité dans le flux et le déploiement du mouvement. »
Le plaisir de danser, de confronter divers styles de danse, quitte à ce qu’ils se querellent (mais pour mieux s’enrichir), d’imaginer, dans leurs entrelacs, de nouvelles modalités de déplacements, est au cœur de la nouvelle création d’Hervé Robbe.
Apres Là, on y danse, on y danse encore : entre danses et contre-danses s’ouvre un espace de liberté, donc d’audace, que le chorégraphe n’hésite pas à explorer, en féru du dicton : qui ne risque rien n’a rien !

Le mardi 16 février 2010 à 20h45
Théâtre de la Cité internationale


Tommy Noonan
ASSOCIATION LA DÉPOSE

TOUT COURT
Pièce pour six interprètes / Création 2008 / 1 heure

Six figures en salopettes blanches, lunettes sur le nez, cheveux longs un peu négligés, légèrement perdus sur le plateau, s’activent. Elles ne réalisent rien de moins qu’une tentative utopique :
comment la communauté réussit à construire ensemble tout en préservant l’individualité de chacun, même si, chacun, semble le double de l’autre ? La mise en place de cette pièce est à l’exemple de son enjeu ; sous la houlette de Tommy Noonan, neuf artistes de six pays se réunissent et se projettent dans un laboratoire dansé dénommé Tout court. S’y affiche une sorte d’éloge de la fragilité, de la progression en milieu hostile, incarné par de simples cartons utilisés comme les pièces d’un jeu de lego, où l’instabilité représente bien le cheminement humain. Cependant, malgré l’évident échec de la tentative, les protagonistes se lancent, tentent l’ascension, aidés de leurs semblables. Une danse morale donc qui se pare pourtant d’ingrédients piquants tels l’absurde, l’humour ou la distance, plus évidents encore dans la seconde partie du spectacle qui combine des corps redevenus presque anonymes.
Tout court instille une fraîcheur qui fleure bon les lendemains qui chantent. Laissons-nous sourire.

Le jeudi 18 février 2010 à 18h30
Théâtre de la Cité internationale



Hélène Iratchet
ASSOCIATION RICHARD

HOMMAGE D’UN DEMI-DIMANCHE
À UN NICOLAS POUSSIN ENTIER
Pièce pour quatre interprètes / Création 2010 / 50 minutes

Hélène Iratchet assume une farouche volonté d’investir encore, à nouveau, la scène théâtrale dans ce qu’elle a de plus reconnue : ses infinis possibilités de transformation des corps ou de parties de corps, de construire un espace où une apparition est instituée, pensée, insufflée, épaulée d’architecture lumineuse et de traitement du son. L’ensemble au service d’une danse qui n’a peur de rien, ni de l’absurde, ni de la laideur, de l’incongru, du surprenant ou de l’inquiétant puisque toutes ces occurrences peuvent également devenir fascinantes, matières et source d’un travail contemporain, d’une relance esthétique. Avec cette nouvelle pièce, la chorégraphe désire poursuivre sa mise en place d’une déconstruction savante qui produit une multiplicité d’éléments ragencés, relancés dans un ballet distancié, où un absurde qui pourrait faire penser à Ionesco irradie et contamine la totalité de la pièce. La banalité du corps se trouve alors magnifiée et paradoxalement détruite. C’est si connu et si inconnu, étrange. D’autant que les danseurs ne jouent pas, ils sont, occupés de travail précis, exigeant. Pointe alors une réalité autre, totalement créée mais possédant la puissance de la vérité.

Le jeudi 18 février 2010 à 20h
Théâtre de la Cité internationale



Hamid Ben Mahi
HORS SÉRIE

LA GÉOGRAPHIE DU DANGER
Solo / Création 2010 / 1h

La nouvelle création de Hamid Ben Mahi, La géographie du danger, emprunte son titre au roman dont elle s’inspire, brûlant récit de la vie d’un « sans papiers » signé Hamid Skif, écrivain, poète et journaliste algérien. Ce huis-clos représente l’étouffement auquel sont condamnées tant de personnes qui ont fui une situation sociale ou politique insupportable et le sombre renversement d’un chemin vers une liberté fantasmée en voie sans issue, l’impasse de la peur, du manque affectif, la perte d’identité. Hamid Ben Mahi, danseur et chorégraphe, est à la fois reconnu dans la forme, pour avoir su arracher le hip hop aux idées convenues sur la danse urbaine et le dissocier de la prouesse pour n’en réinterpréter que la gestuelle en la déplaçant vers d’autres univers, et dans le contenu, pour porter des paroles sociales et politiques sans concession. Chronic(s), Sekel, Faut qu’on parle abordaient déjà des problématiques éminemment morales. Ce nouveau solo naît à la croisée prometteuse des routes de deux auteurs, de texte et de plateau, qui ne créent certainement pas pour plaire, mais pour dire, n’en déplaise à quiconque.
« Je danse parce que je ne peux pas rester immobile, je parle parce que je ne peux plus rester silencieux ».

Le jeudi 18 février 2010 à 21h15
Théâtre de la Cité internationale

Informations pratiques

Théâtre de la Cité internationale
17, boulevard Jourdan
75014 Paris
www.theatredelacite.com
RÉSERVATIONS
Billetterie sur place et par téléphone du lundi au samedi de 14h à 19h au 0143135050 Fnac, Crous, Kiosque-jeune
www.theatreonline.com

La Ferme du Buisson
SCÈNE NATIONALE DE MARNE-LA-VALLÉE

Allée de la Ferme à Noisiel
77448 Marne-la-Vallée Cedex 2
contact@lafermedubuisson.com
www.lafermedubuisson.com
RÉSERVATIONS
Billetterie sur place et par téléphone du lundi au samedi de 14h à 19h au 0164627777 et en ligne sur www.lafermedubuisson.com

Théâtre de Vanves
SCÈNE CONVENTIONNÉE POUR LA DANSE

12, rue Sadi-Carnot
92170 Vanves
Tél. 0141339291
Ouvert : 10h30-12h30 et 14h30-19h
billetterie@ville-vanves.fr
www.theatre-vanves.fr ou www.artdanthe.fr

Centre des bords de Marne
SCÈNE CONVENTIONNÉE

2, rue de la prairie
94170 Le Perreux-sur-Marne
Tél. 0143245428
relations.publiques@cdbm.org
www.cdbm.org


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