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L’école ouverte à Johannesburg

Résidence des vacances au CND de Pantin

mardi 24 février 2009,
par Thamin Abdesselam


Première prise de contact pour les 24 élèves du collège Pierre Sémard de Bobigny avec la "Résidence des vancances". Pour la deuxième année consécutive, le CND, dans le cadre du programme "d’éducation artistique et culturelle", accueille des enfants dans la danse et leur fait partager le travail d’une compagnie en résidence. Cette année, la compagnie sud africaine Via Katlehong Dance sera le vecteur de cette découverte. La semaine commence par une visite du CND et un "atelier du regard". Le ton est donné. Les extraits des œuvres engagées de Robin Orlyn sur l’apartheid, de Gregory Maqoma sur la notion d’exotisme, provoquent d’emblée des réactions et des questionnements de fond : la ségrégation, les inégalités raciales, les préjugés, la peur de l’autre, le racisme. La danse apparaît alors comme une autre forme de discours, d’engagement, de dénonciation de l’injustice. Les collégiens de la banlieue parisienne, aux origines multiculturelles, retrouvent à travers ces représentations toute l’actualité de leur vécu.

Nouvelles matières

Vient ensuite la rencontre avec la compagnie Via Katlehong, fondée en 1992 par 4 street dansers. Les dix représentants se présentent. Ils sont déjà la deuxième génération de la compagnie. Leurs noms sont ponctués de claquement de langues sur le palais, caractéristiques des phonèmes du sud-est de l’Afrique. Très vite les élèves jusque-là silencieux s’approprient ces étranges clics de langage et les reproduisent à volonté. La compagnie compte une quarantaine de personnes en tout. Au départ raconte un danseur, "l’idée était de trouver du plaisir, d’évacuer le stress et les problèmes". Leur pratique, précaire, dépend des intempéries, des guerres et des combats.

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Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage -
Résidence des vacances 2009, Centre national de la danse à Pantin


Certains enfants les ont déjà vus danser il y a trois ans. Pour beaucoup d’entre eux, la danse est devenue familière grâce aux nombreux spectacles vus chaque année et à l’engagement des enseignants dans ce dispositif d’"école ouverte". Parmi eux, Céline Beliki convaincue de la richesse de cette approche en souligne les bienfaits : " De la même manière que les ateliers d’écriture, la danse permet d’explorer un imaginaire nouveau. Les adolescents sont amenés à une meilleure connaissance de leur corps, une autre forme de contact avec l’autre que la violence. Les moments de création chorégraphique sont l’occasion d’explorer de nouvelles matières, et surtout de changer et de recontextualiser le rapport avec la culture à l’école. Toucher l’autre dans la danse permet un autre rapport au corps, créer fait rechercher, expérimenter de nouveaux espaces. "

Dans l’après midi, le groupe, attentif, fera ses premiers pas de pantsula, "une danse de protestation, vigoureuse et gouailleuse, née dans les townships de Johannesburg. "


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