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Palais des sports

Le Concours, Béjart Ballet Lausanne

mercredi 10 juin 2009,
par Hanae Mizumoto


« Béjart a fait Béjart » commente un spectateur. C’est juste, c’est vrai. Quand on parle de Béjart, on sait qu’il s’agit d’une danse qui n’est ni classique, ni néoclassique, ni moderne, ni contemporaine, mais bien « Béjart ». Et on n’a pas besoin d’autre commentaire. Mais qu’est-ce qui fait donc « Béjart » ?

Contrairement à ses œuvres universelles qui n’ont pas d’intrigue tels le Sacre, le Boléro, ou encore sa dernière signature, Le Tour du monde en 80 minutes - également à l’affiche de cette tournée parisienne -, Le Concours créé en 1985 possède une autre couleur : celle du « film dansé ». Béjart ose même donner la parole aux danseurs et ce, non pas pour nous faire comprendre l’histoire, mais pour la faire vivre au temps présent.
Le public assiste à une compétition internationale au cours de laquelle un meurtre se produit. Avec les enquêtes menées par l’inspecteur auprès de ses proches, la vie de la jeune danseuse tuée se dévoile. Pourtant, le spectateur ne se coince pas dans le dénouement de l’affaire : il ne s’agit pas non plus d’un ballet psychologique. Avec un scénario simple et clair : le concours de danse et le meurtre de la jeune fille, Béjart réussit à créer un contexte idéal pour la danse.

Beaucoup d’idées et d’humeurs du chorégraphe nous saisissent du début à la fin. Si on peut dire encore une fois « Béjart a fait Béjart » (sans parler ici de ses langages chorégraphiques), ce serait sans doute pour la force attractive de son ballet. On n’a pas eu besoin d’analyser ce qui se passe devant nos yeux (ce qui est souvent le cas des danses actuelles), ou de « réviser » l’histoire avant le lever du rideau (comme pour les ballets du répertoire), il suffit au spectateur d’assister à ce concours pour vivre un polar en temps réel. Béjart fait vibrer le spectateur dans l’instant : tantôt par l’énergie corporelle, tantôt par la beauté poétique. Cette fois-ci, c’est par un « crime parfait » !

Julien Favreau a assuré son rôle d’inspecteur avec une allure qui nous fait penser à Jorge Donn, le créateur du rôle. Son corps fait vivre à merveille les mouvements des anciens grands danseurs de la compagnie.

Le spectateur s’est régalé encore une fois avec cette soirée béjartienne et a applaudi debout, avec beaucoup d’amour, les danseurs qui continuent à nous offrir les cadeaux du chorégraphe.


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