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CND Pantin

"Moisson d’Hiver", 6 chorégraphes

Du 13 janvier au 26 février 2010


Vincent Mantsoe / Compagnie Vincent Mantsoe
SAN, création
Mercredi 13 au vendredi 15 janvier 2010 à 20h30
Une réflexion sur la tolérance, l’adaptation aux temps et l’ouverture sur l’inconnu. Parlant le langage des koi-koi (l’une de ces langues ancestrales toujours utilisées dans certaines ethnies africaines), SAN réinvente le voyage des cueilleurs- chasseurs habitant les plaines de l’Afrique centrale et du Sud, un temps connu sous le nom de Bushmen. Reliant les cultures et les époques, portée par le désir d’une relation féconde aux autres, la chorégraphie se nourrit d’une musique inspirée du grand poète persan Mawlana Jalal Ad-din Bakhi Rumi, exécutée au kamanech (violon), au barbat (luth à manche court), au târ (luth à long manche), au daf (tambour), et accompagnée de voix. De résurgence en transmission, d’enrichissement en invention, SAN est une réflexion simple et raffinée sur la tolérance, l’adaptation aux temps et l’ouverture sur l’inconnu.

Thomas Lebrun / Compagnie Illico
La Constellation Consternée
Mercredi 20 au vendredi 22 janvier 2010 à 20h30
La danse est ici un art du lien et du partage, et la chorégraphie l’invention d’une constellation dont la brillance émanerait de l’interprète. L’étoile de la réincarnation, l’étoile jaune, la star, l’étoile filante et la bonne étoile ne forment, selon l’auteur Gilles Amalvi, « aucune figure mythologique connue et ne sont répertoriées sur aucune carte du ciel » mais composent cette constellation qui, en cinq pièces courtes (trois soli, un duo et un quintette), ausculte diverses métaphores de la perte, de la stigmatisation, du succès, de la vanité, de la foi… À chacun sa manière d’être danseur ou étoile. Époque oblige, cette constellation ne peut qu’être « consternée » !

Pedro Pauwels / Association PePau
Entre-mains…
Mercredi 27 au vendredi 29 janvier 2010 à 19h
En regardant l’une des versions du tableau de Matisse La Danse, Pedro Pauwels a été touché par l’intensité émanant de la toile et par cette simple ronde de corps humains. Envisageant l’écriture chorégraphique comme une construction graphique, il compose aujourd’hui Entre-mains… La lecture de Point et ligne sur plan de Kandinsky lui fait prendre conscience du fait que la force vient de l’unité et du partage – d’espaces, de lignes, de courbes et de vides… Sur scène, un groupe constitué d’« engrenages vivants » cherche une fragile unité : comment faire corps en conservant sa propre identité et en laissant s’exprimer la singularité de chacun ?

Taldans / Mustafa Kaplan & Filiz Sizanli
Dokuman
Mercredi 27 au vendredi 29 janvier 2010 à 20h30
Pièce bruissante pour six danseurs, portant sur les rapports de l’humain et de la machine, inspirée des cadences particulières d’une usine de textile autrichienne. De pièce en pièce, l’approche du mouvement transdisciplinaire propre aux artistes turcs Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli séduit. Leurs pièces mettent en œuvre, avec une précision minutieuse, des dispositifs bricolés où le mouvement et l’énergie constituent des rouages déterminants, souvent ludiques. L’équipe de Taldans offre avec Dokuman une œuvre particulière, influencée par l’univers de l’industrialisation. L’idée de cette création a pris corps après les visites régulières d’une usine textile à Linz en Autriche. La pièce pour six interprètes questionne la qualité même du mouvement en tant qu’élément d’une chaine de production artistique. On pense aux Temps modernes de Chaplin et à Mon Oncle de Tati, où poésie et absurdité du travail à la chaîne s’entremêlent ici avec joie. Un véritable laboratoire de formes et de sens. Une invitation à réfléchir, entendre et contempler les nouveaux langages et territoires que la danse explore, invente et nous donne à découvrir.

Photo © Gokhan Kali

Andy de Groat
Autour de La Folie d’Igitur extraits / coproduction
Vendredi 5 février 2010 à 20h
Un parcours-spectacle-événement de près de deux heures, fou et étonnant à la mesure (ou démesure) de Stéphane Mallarmé, composé à partir du texte que l’auteur écrivit pendant son séjour à Avignon et proposé par une équipe passionnée et intrépide. En 2007, les Hivernales fêtaient le retour d’Andy de Groat à Avignon avec la reprise de son « insolent » Swan Lac (1982) par les danseurs du Ballet de l’Opéra d’Avignon. En février 2009, elles l’invitaient à ouvrir leur trentième édition en rendant hommage à Mallarmé. Le spectacle déambulatoire présenté au CND est une adaptation d’extraits du spectacle montré à la Chartreuse. Deux volets à découvrir de studio en studio dans une balade costumée et colorée mise en scène par Andy de Groat.

Pál Frenák / Compagnie Lakoma
In Time
Mercredi 24 au vendredi 26 février 2010 à 20h30
Sondant la solitude essentielle de l’individu, In Time, chorégraphie pour six danseurs entremêlant solo, duo et trio, explore les fibres de la sensualité au travers de frissonnantes corporalités. Pál Frenák a longtemps transporté le public dans un univers violent et tendre à la fois, à la gestuelle raffinée, saisissant inexorablement la personnalité de ses interprètes pour donner une dimension théâtrale à ses créations. Avec Instinct (2007), il s’est finement orienté vers une danse encore plus étudiée et un mouvement toujours plus recherché. In Time (2008) sera de cette veine. La dimension picturale de son travail, parfois associée à Francis Bacon pour ses corps aux expressions déchirées ou à David Lynch pour son mouvement photographique, sera jetée sur le plateau comme l’aurait fait Jackson Pollock dans un processus aléatoire et néanmoins recherché.
L’espace scénique sera habité par un canapé, souvent l’objet de huis clos, où se rencontrent et évoluent les danseurs. La structure chorégraphique est alors ponctuée par une juxtaposition de duos qui, au fil de la proposition réunissent les interprètes. Le chorégraphe parle ici de la symbolique de l’eau, élément parfois insondable, source de vie, de purification et de régénérescence du corps et de l’esprit, elle porte en elle la mémoire du monde ; multiple et singulière, diverse et unique, informe et protéiforme, l’eau mythique déchaîne l’imaginaire au cœur de nos croyances et de nos peurs séculaires. En mouvement perpétuel, tout comme la danse de Pál Frenák, elle suggérera au public le théâtre d’une vie dansée.

Photo © Peter Mutti

Photo © Peter Mutti

P.-S.

Photo de l’en-tête © Frédéric Iovino
La constellation consternée, duo "Eclat de simulacre"
Antony Cazaux et Claudia Miazzo, chorégraphie de Thomas Lebrun


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